CLASSEMENT DES PRÉPAS MP et MP*
CONCOURS 2025
Le classement ci-après présente les taux d’intégration à Polytechnique et à l’ENS ainsi que sur un panier d’écoles plus large (X, ENS, Mines Paris, École nationale des ponts et chaussées, Télécom Paris, ISAE-Supaéro, CentraleSupélec, Centrale Lyon, ENSTA, les écoles Centrale de Lille, Méditerranée et Nantes, les Mines Nancy et St-Etienne, Arts et Métiers, Insa, Géodata Paris, ENSAE, Grenoble INP, ENSEEIHT, ESTP, UTC, IMT Atlantique, SupOptique) pour les CPGE MP. Il reprend les données combinées par le site letudiant.fr.
Ce que disent vraiment les indicateurs “X/ENS” et “panier large”
Les classements de prépas MP sont souvent lus comme un palmarès unique, censé répondre à une question simple : “où sont les meilleures prépas ?”. Or, les données publiées par L’Étudiant invitent plutôt à distinguer deux logiques de performance. D’un côté, l’indicateur “Polytechnique + ENS” met en lumière les établissements capables d’emmener une part importante de leurs élèves vers les écoles les plus sélectives. De l’autre, le “panier large” mesure davantage la capacité d’une prépa à sécuriser des intégrations nombreuses et régulières dans un ensemble d’écoles prestigieuses. Les deux lectures sont complémentaires : elles ne racontent pas la même histoire et n’aident pas à faire les mêmes choix.
Dans le classement centré sur Polytechnique et les ENS, une poignée d’établissements dominent nettement. Louis-le-Grand arrive en tête avec un taux “Polytechnique + ENS” de 39,6%, suivi de Sainte-Geneviève à 36,4%, puis Henri-IV à 29,9% et Hoche à 28,9%. Derrière ce quatuor, Stanislas (18,5%) confirme son ancrage dans le très haut niveau, avant un groupe d’excellentes prépas qui dépassent toutes les 12% : Blaise-Pascal (14,6%), Le Parc (14,3%), Saint-Louis (14,2%), Lydex (12,3%) et Lazaristes (12,0%). Autrement dit, lorsqu’on regarde uniquement la capacité à placer vers X/ENS, la hiérarchie est très marquée et l’écart est significatif entre le sommet et le reste du tableau.
Le point le plus instructif apparaît quand cette lecture est mise en regard du “panier large”. Louis-le-Grand affiche un panier large à 78%, ce qui montre une performance “double” : un fort taux X/ENS et une capacité à placer massivement au-delà. Sainte-Geneviève fait encore mieux sur cet indicateur avec 88,1%, confirmant l’image d’une prépa qui combine élite et régularité. Hoche (78,9%) et Blaise-Pascal (77,1%) se situent dans la même zone, au même titre que Le Parc (72,5%) et Lazaristes (72,0%). Henri-IV (70,1%) et Stanislas (69,1%) restent très élevés, tandis que Saint-Louis (64,6%) et Pierre-de-Fermat (64,3%) confirment qu’il existe un très haut niveau durable au-delà de Paris. Plusieurs établissements du haut du classement X/ENS ne se contentent donc pas de produire quelques intégrations exceptionnelles : ils affichent aussi un profil qui sécurise une grande part de la promotion. Cette double lecture révèle des profils d’établissements distincts, et c’est précisément ce qui rend ces données utiles. Certains lycées apparaissent comme des “locomotives” du très haut niveau tout en étant extrêmement solides sur le panier large : Louis-le-Grand, Sainte-Geneviève, Henri-IV, Hoche, Blaise-Pascal, Le Parc, Lazaristes, Stanislas, Saint-Louis ou encore Pierre-de-Fermat.
D’autres établissements, bien classés dans la hiérarchie X/ENS, présentent un panier large plus variable, ce qui peut traduire une dispersion plus forte des trajectoires ou des promotions plus hétérogènes. Dans le top 25, des paniers larges plus modestes apparaissent pour Corneille (34,5%), Thiers (35,2%), Henri Poincaré (37,3%), Victor Hugo (41,9%), Fénelon (42,9%) ou Descartes (43,2%). Montaigne (45,7%), Lydex (46,2%) et Pasteur (48,1%) restent dans une zone intermédiaire. Cela ne signifie pas que ces lycées sont “moins bons” : cela rappelle surtout qu’un indicateur agrégé ne dit pas tout du profil de la promotion, ni des stratégies d’élèves, ni du degré de polarisation des résultats.
À l’inverse, le panier large met aussi en valeur des établissements dont la force réside dans la régularité collective. Clemenceau affiche 59,7% et Chateaubriand 55,2%, ce qui suggère une capacité à placer un volume conséquent d’élèves dans un ensemble d’écoles solides, même si le taux X/ENS est plus modeste (8,1% pour Clemenceau et 3,4% pour Chateaubriand). Sainte-Marie (66,7%) et Lymed (69,4%) se distinguent également par un panier large très élevé malgré des taux X/ENS relativement contenus (3,3% et 4,1%). La conclusion pratique est simple : ces données ne servent pas à décréter “la meilleure prépa”, elles servent à choisir une stratégie cohérente avec un profil. L’indicateur X/ENS mesure la capacité à produire du très haut niveau ; le panier large décrit mieux la probabilité d’intégrer dans le haut du spectre à l’échelle d’une promotion, y compris sans “coup d’éclat”. La comparaison des deux permet donc de distinguer les établissements qui cumulent élite et robustesse collective, et ceux dont les résultats peuvent être plus dispersés.
Ces classements ne mesurent toutefois ni la progression individuelle, ni la qualité du feedback, ni la méthode de travail, ni la capacité à tenir deux ans sans se désorganiser. Or, en MP, les écarts se creusent souvent sur des facteurs très concrets : la régularité des entraînements, la maîtrise de la rédaction, l’efficacité des routines, et la gestion de la charge mentale. Entre deux élèves de niveau comparable en entrée, la différence tient rarement au volume de travail seul, mais à la qualité du cadre, de la méthode et des retours correctifs.
C’est pourquoi il est utile de compléter la lecture des classements par une question décisive : comment transformer un objectif (viser X/ENS ou viser un panier large) en plan de progression concret ? Une approche d’accompagnement centrée sur la méthode, la structuration des priorités, la correction et le suivi permet précisément de convertir une ambition en trajectoire, en sécurisant la progression semaine après semaine. Dans cette logique, La Prépa Autrement met l’accent sur la construction de routines efficaces, l’entraînement régulier, la qualité des retours, et le pilotage de la charge de travail, afin de maximiser la progression et la stabilité des performances.
Au fond, la meilleure lecture de ces données est celle-ci : “X/ENS” mesure l’élite au sommet, tandis que “panier large” mesure la robustesse collective. Le choix d’une trajectoire ne dépend pas uniquement de la place d’un établissement dans un tableau, mais de la capacité à bâtir une progression suffisamment stable et structurée pour transformer une ambition en intégration.
